Pour une fellation parfaite

Vous me l´avez souvent redemandé, alors pour vous tous, je le publie à nouveau. Merci pour vos si gentils commentaires, ça fait chaud au coeur de vous savoir encore là malgré mon mutisme. Amour, tous!

——————

CE TEXTE CONNAÎT BEAUCOUP DE SUCCÈS… et certains le considèrent suffisamment bon pour s’en attribuer le crédit.

Alors, si vous utilisez ce texte ou n’importe lequel de mes textes, s.v.p. ayez l’amabilité de citer votre source…

Merci! :)

Eva

– ———-

Ces temps-ci je pense beaucoup, BEAUCOUP aux fellations. Et je ne fais pas juste y penser. En fait, j’y pense parce que j’en fais et j’en fais quand j’y pense. Mais je n’en fais pas autant que je voudrais parce que je ne suis pas ubiquiste. Enfin, bref.

Le fait est que j’ADORE faire des fellations.

Et je me suis demandé : quels sont les ingrédients qui permettent de donner une fellation parfaite à son amant (à son chum, à son voisin, bref à un homme)? Voici mes réflexions, en mots… et en photos :

- AIMER ÇA. Aimer le sexe de l’amant, le trouver beau, aimer son odeur, sa texture. L’aimer en tout temps et pas juste quand il est dur, parce que la fellation parfaite commence alors que le sexe est au repos et qu’on l’engloutit au complet dans sa bouche, qu’on le presse contre sa langue, que l’on ne se retient pas de sourire devant tous les plaisirs à venir…

allmyswallows.tumblr.com

desfellationsdesturluttes.tumblr.com

- NE PAS ÊTRE PRESSÉS. La fellation parfaite se vit en crescendo. En vagues. Varier les rythmes. Le plaisir monte en pallier, et à chaque pallier l’amant pense que ça y est, que cette vague sera la bonne… mais non, le plaisir monte encore et les cœurs battent plus fort! Et les mains s’agrippent aux cheveux et les jambes tremblent! Et le temps passe mais vraiment, rendu là on s’en fout du temps qui passe!

- SE REGARDER DANS LES YEUX. Oh, pas tout le temps… mais souvent, lever le regard vers l’amant, avec cette étincelle coquine dans les yeux, juste avant de titiller son frein du bout de la langue, juste avant de saisir ses couilles à pleines mains, juste avant d’enfoncer son sexe au plus profond de sa gorge. Se regarder alors que l’orgasme approche, se regarder pendant l’orgasme! L’amant ADORE regarder, l’amant ADORE voir que son amante ADORE le sucer. Les regards échangés durant la fellation parfaite sont intenses, vibrants, chargés d’émotions.

ladycheeky.com

aspeciallight.tumblr.com

privately-me.tumblr.com

- UTILISER BEAUCOUP DE SALIVE. Une fellation parfaite est une fellation qui glisse parfaitement, entre les lèvres, entre les mains, entre les seins aussi lorsque le souffle doit être repris… Une fellation parfaite est une fellation humide et chaude. La langue doit toujours glisser aisément sur le sexe, les lèvres doivent s’assurer que le sexe est bien humide avant de le laisser descendre dans la bouche. Mmmm… c’est follement sensuel et totalement cochon de lécher le sexe à grands coups de langue gourmands (ne pas oublier de regarder l’amant pendant cette léchée) pour s’assurer qu’il glissera aisément dans la bouche!

forhereyesonly.tumblr.com

Se lécher l’intérieur des mains avant de saisir le sexe et de le caresser! Et j’aime particulièrement imbiber mes mains de mon propre jus, qui abonde et qui coule généreusement, et en enduire le sexe de l’amant avant de le déguster ainsi lubrifié et parfumé…

- SE PARLER. Les mots prononcés pendant la fellation parfaite sont souvent du type “J’aime tellement ça te sucer” ou “Tu goûtes tellement bon” ou bien “Ta queue est si belle, si dure, si grosse” ou encore “Je vais bientôt te faire une fellation profonde”… sont autant de mots qui excitent, qui allument, qui provoquent. Parler alors que le sexe est tout entier dans la bouche est follement excitant, car alors les lèvres et la langue bougent différemment, procurant des sensations imprévues. Parler alors que le sexe est dans la bouche fait entrer de l’air… mais en fait aussi sortir. L’alternance de l’air chaud et de l’air froid est vraiment excitant… Car si l’aspect visuel est important, l’aspect auditif l’est autant. En fait, ce sont tous les 5 sens qui doivent être sollicités lors de la fellation parfaite.

- SE SERVIR DU RESTE DE SON CORPS. La fellation parfaite ne se concentre pas juste sur le sexe et ne se fait pas juste avec la bouche! Jouer avec ses couilles, les prendre toutes les deux dans sa bouche, mais y aller doucement, sans les comprimer, comme si on voulait les faire flotter dans sa bouche.

filthywetslut.tumblr.com

Un jeu agréable consiste à encercler la base des couilles d’une main et de tirer doucement vers le bas de façon à ne former qu’un seul paquet… qui s’insère alors très bien dans la bouche. Miam! Pendant ce temps, il est aussi très agréable de se frotter ses seins sur les cuisses de l’amant, de se tortiller les fesses, de les exposer pour qu’elles soient à la vue, d’entourer le corps de l’amant de ses bras, de frotter son visage partout sur son sexe, mais aussi sur ses cuisses, son ventre, enfin de prendre une pause en insérant le sexe entre ses seins et en bougeant lentement. Onduler son corps contre lui, changer de position souvent… Bref, tous ces mouvements fluides et tendres qui accompagnent la fellation parfaite sont perçus comme une danse pour l’amant.

- L’ENDROIT IMPORTE PEU. Ce qui importe, c’est le “momentum“… car une pipe parfaite peut se donner n’importe où! L’excitation doit être à son comble, l’amant doit avoir l’impression qu’il va exploser, que son cœur va le lâcher, qu’il va s’effondrer car ses jambes ne le supportent plus. Pratiquer une fellation dans un endroit interdit peut exacerber les sens…

fetish4.tumblr.com

- FAIRE UNE FELLATION PROFONDE. Ah… j’entends déjà les “je ne suis pas capable” et les “il n’y a jamais personne qui a réussi à me faire un deep throat”… Mais sachez que rien n’est impossible! La fellation parfaite requiert la fellation profonde, sinon ce sera une excellente fellation, une mémorable fellation… mais elle ne sera pas parfaite. La fellation profonde nécessite de la volonté et le la pratique, c’est tout! Des trucs? Aplatir la langue, ne pas hésiter à la sortir, même. RELAXER sa gorge et son visage, relaxer son corps et son esprit. Et surtout, avoir une bouche bien lubrifiée! Y aller doucement au début, pour tester son “gag réflex”. Il est tout à fait possible de se départir de ce réflexe notamment en se pratiquant sur un dildo… idéalement lorsque l’amant assiste à l’exercice… ça l’allumera de voir son amante faire ce qu’il se fera faire peu après! Il importe de positionner sa tête de façon à ce que la gorge soit aisément accessible. Se placer à genoux devant l’amant est la position de base et la douche est un endroit privilégié pour pratiquer ses fellations profondes. Mais la fellation profonde se fait aussi aisément en position de 69, la femme sur le dessus. Personnellement, j’aime bien la position semi-assise : l’amant s’adosse sur les oreillers, son corps est incliné, à mi-chemin entre la position couchée et la position assise. L’amante vient se placer entre ses jambes… ça laisse beaucoup de liberté de mouvement, la visibilité est excellente, les échanges visuels sont fréquents. Mais la meilleure position demeure toutefois celle où l’amante est couchée sur le dos, la tête légèrement inclinée dans le vide, au bout du lit… Dans cette position, on oublie le contact visuel entre amants, mais ne faites que songer à la vue du sexe qui s’enfonce dans la gorge et qui la soulève…

La fellation profonde demande de la pratique… et chaque fellation faite dans le but d’être profonde sera agréable et excitante!!! Et le jour où le sexe si dur de l’amant descendra dans la gorge… OUFFFFF!!!! Quel bonheur! Quelle fierté! Que de plaisirs !!! Et l’amant qui gémit sans retenue et l’amante qui jubile d’avoir enfin réussi! Ces moments chargés d’érotisme sont uniques et extraordinairement sensuels!

- LUI LAISSER LE CHOIX DE JOUIR OÙ IL VEUT. Évidemment, la fellation parfaite prend fin. Elle culmine par l’orgasme de l’amant : il explose là où il le désire, car l’amante lui laisse le choix… Alors que tout le corps de l’amant est tendu, alors qu’il respire rapidement et qu’il n’a qu’une envie, se laisser aller… alors l’amante lui demande, dans un murmure : “Tu veux jouir dans ma bouche?” et il fait oui de la tête, le regard brûlant, tout son corps tremblant…

ladycheeky.com

Et la suite… mmmmm… du nectar divin bu à même la source! DÉ-LEC-TA-BLE!!!

Bon. J’ai soudainement le goût de faire une fellation, parfaite… ou non!

:)

image

Posted in Vive la spontanéité! | Tagged , , , , , , | 40 Comments

Îles Féroé

J’aime ne pas croire au hasard. J’aime voir en chaque rencontre le résultat d’une longue série de détours, d’illogismes et d’improbabilités. J’aime connaître la vie de l’autre qui, à ce moment précis, me fait face, et surtout j’aime suivre cet autre une fois la croisée dépassée, j’aime le regarder vivre de loin, en observatrice consciente, attentive et concernée.

J’entrepris ce voyage en Asie afin d’apprendre à me délester des poids qui entravent mon cheminement vers la liberté d’être moi, simplement, femme amoureuse et généreuse, souriante et enthousiaste. Je n’en suis plus aux affirmations tranchées ni aux certitudes, car je sais que mes perceptions de ce que je suis sont comme le vent, changeantes et parfois même contraires. Oh, il y a bien certains vents dominants qui se renouvellent au quotidien et je les accepte, car au final ce sont ces vents qui m’apaisent et qui accordent un peu de repos à mon âme tourmentée. Mais je sais reconnaître les vents annonciateurs de tempête, désormais, tout comme je sais savourer l’immobilisme des jours cois, où rien ne se passe hormis le temps qui lui, même au ralenti, n’en finit jamais de passer.

Ce voyage fut donc rempli de mouvements. À la lente solitude des premiers jours se succédèrent des amitiés spontanées et autres découvertes joyeuses. Je compris et acceptai qu’il était vain de craindre l’éphémère, car les voyages en sont faits. Je compris que chacun se nourrit de ces rencontres, que chacun se reconnaît dans la liberté d’esprit de l’autre.

Je suis abasourdie encore lorsque je repense à la quantité de détours qu’il nous fallut faire avant d’en arriver à ce point de rencontre qui fut nôtre! Car nous n’avions que le Nord en commun… Venu des îles Féroé, cet archipel perdu quelque part entre l’Islande et l’Écosse, à la fois autonome et danois, il séjournait en Indonésie afin d’étudier le commerce et avait été convaincu in extremis par ses collègues de classe de passer une semaine de vacances au Vietnam. Il se trouva face à moi sur un bateau festif naviguant entre les îles karstiques de l’incomparable baie d’Ha Long. Il me dévisageait de son regard bleu intense et je ne savais qu’en penser, mais mon cœur palpitait. Il maintenait son regard sur moi depuis que j’avais avoué mon âge à l’un de ses comparses qui me l’avait demandé.

Je trouvais plutôt amusant de constater l’effet de cet aveu: à tout coup, mes interlocuteurs affichaient le même air incrédule, dubitatif, et ce fut le cas cette fois-ci aussi. Mais lui ne me quitta plus des yeux. Il parlait peu et ne souriait presque pas. Sa façon de me regarder n’invoquait pas la curiosité et je n’avais pas l’impression qu’il cherchait à savoir si j’avais dit vrai ou non. Il avait le regard du félin qui traque sa proie. Que je me lève afin d’aller me chercher un enième gin-tonic ou que j’aille discuter avec d’autres plaisanciers, je sentais qu’il me regardait et plus la soirée avançait, plus nos regards prolongeaient leurs accrochées. Puis vint le moment où il n’y eut plus que lui, moi et deux de ses comparses, tous les autres ayant baissé pavillon et jeté l’ancre pour la nuit. Il se leva soudain et se plaça face à moi.

“Viens avec moi”, m’ordonna-t-il en anglais, avec un accent que je crus danois (mais qui était en fait féroïen) et qui me charma instantanément, tout tonique et musical qu’il était. Surprise, je ne bougeai pas tout de suite.

“Viens avec moi”, répéta-t-il en me tendant la main.

Mon esprit était brumeux. Je me levai lentement. Il me précéda dans l’escalier abrupt menant au pont inférieur. Sitôt arrivés dans le couloir, il me plaqua contre le mur et m’embrassa fougueusement, relevant ma tête entre ses grandes mains fortes. Combustion spontanée. Je l’enlaçai et le caressai. Il s’empara de ma poitrine, se pencha vers elle et la mordit au-travers mon t-shirt. Je retins mon cri de douleur et de surprise. Puis il me souleva de terre, en me saisissant sous les bras, ses avant-bras appuyés le long de mon torse, et m’embrassa à pleine bouche, nos visages au même niveau. Déconcertée, un souvenir s’imposa aussitôt: le seul autre homme à m’avoir ainsi soulevée de terre avait été un danois de sa stature, rencontré près de 25 ans auparavant. Je conservais un souvenir très vif de cette unique nuit passée avec cet homme, qui s’était distingué à la fois par son intensité extrêmement sexuelle et par la grosseur de son sexe, aussi gros que mon avant-bras. Il m’avait tellement baisée cette nuit-là que j’en avais eu le sexe meurtri, douloureux, à vif, pendant des jours. J’avais 20 ans à l’époque, il en avait 40. Et cet homme qui me soulevait de terre en ce moment même, ce féroïen racé et si mâle, cet homme avait 22 ans alors que j’en avais 44… Un brasier consumait mes entrailles. Je désirais ardemment ce moment et ce qui allait suivre. Ma chatte dégoulinait déjà. Il me maintint ainsi, à sa hauteur, son corps appuyé contre le mien, pendant une minute ou deux. Il avait une barbe fournie, d’un beau blond-roux chaud, que je sentais si douce contre la peau de mon visage. Cet homme puissant, superbe, savait qu’il me posséderait et durant toute la soirée il me l’avait communiqué sans gestes ni mots. Et toute la soirée j’avais espéré qu’il passe enfin à l’action, trop souvent je m’assurais qu’il me regardait encore et s’il changeait de place sans que je ne le remarque, je le cherchais aussitôt, inquiète, jusqu’à le repérer, parfois assis seul, parfois jouant aux dés avec ses amis, parfois discutant avec les jolies et gentilles italiennes avec qui j’avais nagé dans les eaux chaudes de la baie, plus tôt, en fin d’après-midi. Et dès que je le repérais, je croisais son regard. Aussi lorsqu’il m’accula au mur et me souleva de terre afin de m’embrasser, je lui cédai complètement. Il relâcha son étreinte et je me sentis minime à ses côtés: il me dépassait d’une bonne tête. Il releva ma jupe et agrippa ma chatte. Il fit un demi-sourire en la sentant si humide, il me prit par la main et m’amena vers l’arrière du bateau, où était touée la navette. Il trouva l’interrupteur et ferma les lumières, puis me tira derrière lui, jusqu’au poste de commande. Il enleva mon t-shirt et mon soutien gorge, se mit à genoux et dévora ma poitrine, pour ensuite lécher ma chatte à grands coups de langue. Puis il enfonça vigoureusement ses grands doigts dans ma chatte. Je jouis presque instantanément, larguant de bonnes giclées de mon jus clair, qui lui aspergea le visage. Il grogna, satisfait, puis me tira vers lui, m’obligeant à m’agenouiller aussi. Il m’embrassa mais je voulus lui lécher le visage et la barbe, ce que je fis. Il me fit gicler une seconde fois grâce à ses doigts. Je faillis m’écrouler par terre mais il me contraignit à rester bien droite, agenouillée encore. Puis il se releva, détacha ses bermudas, qui tombèrent à ses pieds. Il faisait sombre mais les lumières du bateau nous permettaient de nous regarder quand même. Il était nu sous ses bermudas, mais mes yeux étaient rivés aux siens.

“Suce-moi”, m’intima-t-il. “Montre-moi ce que tu sais faire”.

Je tendis aussitôt mes mains vers son sexe, que je brûlais d’envie de découvrir. Je laissai mes mains remonter le long de ses cuisses, de façon à ce que mes pouces touchent à ses couilles en premier, puis je refermai mes mains autour de la base de son sexe. J’eus le souffle coupé, incrédule. Mon pouce et mon majeur n’en faisaient pas le tour. Je l’entourai d’une main, que je superposai de l’autre, réalisant qu’il m’aurait presque fallu une troisième pour l’englober complètement. Cette masse de chair était coiffée d’un gland gros comme un abricot. Je me pourléchais, je salivais et je ne voulus pas attendre davantage et je l’engouffrai d’un coup, le plus profondément que je pus, le massant de ma langue et de mes lèvres. Je le fis sortir de ma bouche et l’enduisis complètement de salive, tellement qu’il en tomba sur le sol, sur ma poitrine et sur ses cuisses. Je le regardais droit dans les yeux. Les siens étaient ardents, profonds, alternant entre son sexe et mon visage. Lorsque j’entrepris ma fellation et qu’il comprit que je la désirais profonde, il s’exclama en féroïen, ce qui m’excita davantage. Je fis un long mmmmmmm approbateur et il comprit l’effet que ses mots prononcés dans sa langue natale avait sur moi, aussi continua-t-il à me parler, lentement, me débitant des mots assurément grivois. Son gros gland était appuyé contre le fond de ma gorge. Fermant les yeux, je me relaxai le plus possible, étirant la tête vers le haut. Je voulus ramener son sexe vers le bas, mais il était si rigide que je dus me résigner à tenir ma tête droite. Pas le choix, il lui faudrait forcer l’entrée de ma gorge. Je lui saisis les fesses et les poussai vers moi. Il comprit, s’exclama en féroïen, et poussa… en vain. Il fallut une dizaine de tentatives avant que sa queue ne s’enfonce enfin dans ma gorge. Lorsqu’il la sentit s’engouffrer, il cria et tout son corps pencha vers l’avant tandis qu’il me poignait les cheveux… Et moi je poussais ses fesses pour que sa queue continue sa descente. Je jubilais! Il répétait un mot en féroïen, quelque chose comme “nep, nep” et je sentis son corps trembler lorsque je dus extirper sa queue afin de respirer. Je le regardai de nouveau dans les yeux, fière, satisfaite. Il sourit franchement en secouant la tête. Je continuai à le sucer, à profiter de son glorieux sexe, murmurant des obscénités en français pendant qu’il m’en disait en féroïen, c’était affolant mais nous étions joyeux, vraiment joyeux! Il était hors de question d’en finir rapidement… mais nous fûmes surpris par le capitaine du bateau, qui avait remarqué les lumières éteintes et qui venait les rallumer. Je fus horriblement gênée d’être découverte dans cette posture, seins nus et jupe relevée, mais mon amant se tenait debout, encore bandé, devant le capitaine, qui repartit après avoir balbutié 2-3 mots… et après avoir jeté un long regard ébahi au sexe du féroïen. J’enfilai mon t-shirt, il remit ses bermudas. Où aller, maintenant? Toutes les cabines étaient occupées. Il ne restait que la terrasse extérieure, sur le toit du bateau, mais ses amis devaient y être encore. Nous montâmes quand même. En nous voyant, ses amis firent quelques blagues (je présume, car ils rigolaient en les disant), mais il les fit taire et partir en leur parlant sur un ton autoritaire et sans appel. Lorsqu’il n’y eut plus que nous, le silence et les étoiles, il m’amena tout au bout du pont, me fit m’allonger sur le gazon synthétique et me possédât aussitôt. Il le fit de façon étonnamment douce, son grand corps aplati sur le mien, ses mains tenant mon visage et son regard me pénétrant autant que son sexe, jusqu’au fond de mon âme, jusqu’au fond de moi.

Ce fut simple.

Et intense.

Je tombai instantanément amoureuse de lui. Je sus que cet homme qui me faisait sienne avait une âme d’exception. Je sus que le contact incroyablement intime qui s’approfondissait à chaque coup de rein ne serait pas coupé une fois le jour levé. Je me livrai à lui complètement, désinhibée, libre, éprise. Nous étions enroulés l’un dans l’autre, amants simples et authentiques, et nos murmures épars résonnaient d’érotisme pur, suaves mélanges de nos deux langues aux sonorités chantantes. Sans comprendre, nos âmes pourtant se parlaient et se reconnaissaient. Dans son regard je puisai la pleine beauté de ces îles fabuleuses qui l’avaient vu naître et que je rêvais de contempler depuis que mon cœur de voyageuse s’était mis à se remplir d’ailleurs faits de vents froids et de falaises dentelées.

Car je suis véritablement une fille du Nord et de l’hiver, j’y suis chez moi et je suis moi lorsque le vent glacial me fouette le visage et que la neige macule mes horizons. J’adore la force et l’austérité de l’hiver, son intransigeance et jusqu’à l’impossibilité de s’y soustraire. Et cet homme à qui je répétais doucement “tu es si beau” invoquait l’hiver dans ce qu’il a de plus splendide. Que nous soyons unis sur le pont supérieur d’un bateau, sous les étoiles australes, nos corps ruisselants de sueur dans l’implacable chaleur humide du Vietnam, ne faisait qu’amplifier le contraste entre nos origines et cet endroit improbable où nous nous reconnûmes, subjugués mais consentants.

Son sexe demeura longtemps en moi, nous modulâmes nos rythmes afin de retarder nos jouissances, ou plutôt la sienne, car les miennes furent nombreuses, profondes, sismiques. Je sentais ma chatte enflée d’avoir accueilli ce sexe massif, mais peu m’importait, je mouillais abondamment, désirant le recevoir encore, le plus possible. Je le suçais souvent et je réussis à le prendre encore dans ma gorge lorsqu’il me fit m’asseoir sur son visage afin de me boire, déployant sa langue contre mon sexe. Lorsque j’enfonçais son sexe dans ma gorge, il aspirait le mien, sa langue aplatie contre mon clitoris, ses lèvres avalant les miennes, tout à fait gorgées, telles des fruits mûrs et délectables. Et en tout temps ma chatte était pleine de lui, de ses doigts ou de son sexe, il ne la laissait jamais vide, jamais. J’étais éperdue de plaisir et lorsque mes yeux se fermaient sous l’emprise d’un orgasme, je sentais qu’il imprimait ces images dans sa mémoire, car il ne me quitta pas des yeux un seul instant… sauf lorsqu’un de ses amis (un collègue de classe, spécifia-t-il froidement plus tard) surgit, impromptu, voulant se joindre à nous. Il le renvoya sans ménagement, se plaçant devant moi afin de me camoufler à la vue de l’intrus. Lorsqu’il fut parti, il demeura un moment à mes côtés, me serrant contre lui, scrutant le pont obscur, attentif à d’éventuels espions. Je n’aimais pas la situation non plus et lui proposai un autre endroit: l’avant du bateau, devant la cabine de pilotage. J’y avais séjourné durant la journée afin de m’extirper du brouhaha festif qui régnait à bord. Nous y allâmes donc. L’espace était assez restreint mais nous étions soustraits à tout regard. Il s’adossa à la cabine et je m’assis sur lui, ma poitrine contre la sienne. Je le chevauchai lentement. Nous nous embrassions tendrement, j’adorais ses lèvres et sa barbe et son goût et il adorait aussi et ses mains glissaient le long de mon dos et il me soulevait les fesses parfois afin de rythmer ma chevauchée, c’était là tout ce qu’il y avait de plus naturel et d’instinctif et nous savions que nous pourrions nous savourer ainsi sans jamais nous en lasser. J’enveloppais de mes bras son beau grand corps de jeune homme, je le tenais pleinement contre moi, nous étions intemporels et je ne songeai à notre écart d’âge que le lendemain. Mais bientôt, trop tôt, l’aube fut sur nous. Il me fit m’asseoir dos à lui et me pénétra encore, mais j’étais si sensible maintenant qu’il demeura immobile, simplement heureux de me remplir une dernière fois. Je me laissai aller contre lui, confortable, ma joue vint s’appuyer contre la sienne, velue et sentant mon sexe. Ma poitrine emplissait ses mains et parfois nous étirions la langue afin de nous embrasser et je sentais aussitôt son sexe se durcir un peu plus et il bougeait… oh… juste un peu… L’atmosphère était rose et paisible, sans vent. Bientôt, l’équipage s’éveillerait. Nous devions regagner nos cabines, nous séparer. En silence, je me levai pour aussitôt m’agenouiller devant lui. Je saisis son sexe entre mes lèvres et mes mains. Je l’observais (quel homme superbe…) et il comprit que je ne ralentirais plus la cadence, au contraire. Il se laissa aller, en soupirant et en caressant mon visage et mes cheveux. Il jouit rapidement et je le bus avec délice car délice il était. Sa semence, abondante et salée, me rappela son origine d’insulaire océanique et je m’en délectai, en grognant doucement. Puis il fit ce geste qui, pour moi, distingue l’homme du garçon: il m’embrassa profondément, sa main posée au creux de mon cou.

Nous nous rhabillâmes à contrecoeur, en silence.

À peine deux heures plus tard, le petit déjeuner fut servi. Je le vis attablé avec ses collègues de classe: il portait des lunettes de soleil. Je ne mangeai qu’une banane et me rendis sur le pont supérieur, là où nous nous étions aimés quelques heures auparavant. Il vint me rejoindre alors que je scrutais l’horizon, admirant les formes fascinantes de dizaines d’îlots légendaires disséminés parmi les eaux turquoises de la baie. J’étais ébranlée et de toute évidence il l’était aussi. Il me parla alors de lui, de sa passion du kayak de mer et des baleines, il me parla de son nom de famille, puis d’un amour déçu et de sa crainte que son cœur ne puisse plus s’ouvrir, ni s’offrir et qu’il ne fasse que souffrir. Son ton de voix était doux, presque faible. Je le regardais tandis qu’il parlait. Mon âme aimait cet homme.

Je lui dis vouloir garder le contact, je lui dis avoir à cœur ce qu’il lui arriverait dans la vie, je lui dis qu’il était un homme exceptionnel. Il me dit penser de même et acquiesça à mon désir de garder le contact. Il me prit la main un bref moment, enleva ses lunettes de soleil et me regarda intensément, sans sourire. La navette attendait: lui, ses collègues et quelques autres quittaient ce jour-là alors que mon périple continuait une journée de plus. Il les rejoignit donc et s’en fut, le visage tourné vers la mer.

Laisser aller. Partir, libre. Et vivre.

S’il n’y a qu’une seule leçon que je doive retenir de cet étonnant et salvateur voyage qui aujourd’hui se termine, c’est celle-ci.

Laisser aller.

Posted in Histoire | Tagged , , , , , | 1 Comment

L’odeur de la Comptonie voyageuse

Torbjorn Rodland, via nsfworld.com

Je suis une fille des forêts du nord du Québec. J’y ai habité, j’y ai travaillé. Cet été-là, j’étais contremaître aux travaux sylvicoles. Je surveillais les travaux d’une dizaine d’hommes. Seule femme à des dizaines de kilomètres à la ronde. Lorsque je montais dans le bois, souvent pour 10 jours d’affilée, je devenais asexuée. Hermétique au fait que j’étais une femme entourée d’hommes. Je pouvais être des jours sans me laver. J’aimais l’odeur de terre et de sueur qui imprégnaient mes vêtements… Ma peau devenait tel un cuir souple et mûr, cuivré, chargé d’arômes musqués.

Cette fois-là, un nouveau contremaître est arrivé, en remplacement de mon collègue blessé. J’allai le chercher chez lui avec mon gros Cheyenne, le lundi matin vers 4h30… Dès qu’il prit place à mes côtés, dès que j’humai son parfum de mâle et de muskol… je sus. Ce qu’il émanait vint me tapisser les parois nasales, saturant l’air autour de moi, perçant les effluves du café Tim Hortons que je venais d’acheter. Mon cœur se mit à pomper le sang qui circulait à toute vitesse dans mes veines. Je le regardai brièvement : cheveux longs, un tattoo qui émergeait au niveau du cou hors de sa grosse veste à carreaux et qui disparaissait aussitôt sous une barbe bien garnie, une casquette Budweiser trop petite, des pantalons Big Bill verts. Nos regards se croisèrent. Le temps s’arrêta. J’aurais pu boire son odeur tellement elle emplissait l’espace autour de moi. J’aurais pu me badigeonner les mains et le visage de lui… de ce qu’il dégageait. Je me sentis animale. Tout de suite je voulus marquer mon territoire. Tout de suite je voulus qu’il marque le sien. Il sourit, je souris aussi. Nous savions. Ce n’était plus qu’une question de temps.

Jayvan, via flickr.com

L’occasion se présenta quelques jours plus tard. Nous cuisions littéralement sous le soleil blanc. Les cigales cymbalisaient. Aucun vent. Le sol sec sous nos pas. Nous marchions en bordure d’un boisé de pin gris, nos pieds foulant une talle de comptonie voyageuse. Cette plante, lorsque froissée, dégage une odeur suave et sucrée, balsamique. Inoubliable. Extraordinaire. Mon collègue me saisit le bras à ce moment. Je retins mon souffle… pour aussitôt le libérer et me remplir les narines de l’odeur sublime de la comptonie, qui montait du sol en spirales volatiles. Il plongea sur moi. M’embrassa brutalement, m’enfonçant sa langue dans la bouche. Je voulais que ce soit ainsi, qu’il me pénètre de toute sa mâlitude, qu’il m’imbibe et qu’il me saoûle… Ses mains rugueuses plongèrent dans mes pantalons crasseux et se dirigèrent à la source même de mon essence, secrétée en abondance sous forme de sève précieuse et parfumée, véritable luxe dans ce monde asséché et assoiffé. Il ne tarda pas à me boire, agenouillé, sans hésiter il macula sa barbe de mon sirop. Je tenais sa tête contre moi, je la maintenais fortement contre mon sexe. Il marmonna un « tu sens tellement bon » qui me bouleversa jusqu’à la moëlle… J’étais debout, le visage levé vers le ciel, subjuguée par ce contact puissant, par son odeur piquante et épicée, mélange d’écorce cuite et de résine. Il se releva bientôt, la barbe humide et odorante et s’appliqua à répandre sur mon corps ma propre odeur, stratagème qu’il perpétuerait tous les jours pour le reste de l’été afin que je libère ma quintessence en volutes discrètes et subtiles. Jamais amant n’a su puiser avec autant de ferveur l’esprit même de mon odeur. Jamais contact intime ne fut plus empreint des odeurs exhibées par nos arômes conjugués.

Tout le reste de l’été nous fûmes amants secrets et diurnes, explorant les lits préparés par la forêt, qu’ils soient de mousses tendres ou de roches fraîches, osant même le lit du ruisseau ou celui de la bleuetière sauvage sous la pluie forte. Toujours, chaque précieux moment nimbé d’odeurs moëlleuses ou capiteuses, les nôtres et celles, si généreuses, de notre complice forestière. Et toujours, vivre le parfum de l’autre non pas en tant qu’accessoire pour le plaisir des sens, mais bien en tant qu’essence même, en tant que source du plaisir.

pollo olivera, via flickr.com

Posted in Histoire | Tagged , , , | 19 Comments

L’état de choc

Depuis des mois, nous formions un trio qui n’aboutissait pas. Mon amant me caressait devant son ami, qui assistait aux scènes sans broncher. Plusieurs fois j’avais exécuté des pipes plutôt intenses sur mon amant, à quelques pieds de lui. La plupart du temps il nous regardait poliment. Parfois il détournait la tête et regardait ailleurs ou faisait semblant de ne pas nous voir. Il ne se caressait pas. Je me demandais même s’il bandait. C’était… assez incongru et je trouvais que c’était injuste, mais chacun semblait y trouver son compte. Quant à moi, j’expérimentais l’exhibitionnisme et j’aimais ça.

Ce soir-là, nous avions bu beaucoup de bière. Et fumé des joints. Et rigolé à en avoir mal aux mâchoires. Bientôt, les mains de mon amant se perdirent sous mon chandail. Il m’attira à lui et je me retrouvai assise sur lui. Nous nous embrassâmes aussitôt, sans même regarder son ami. Je glissai ma main dans ses pantalons et en sortis son sexe déjà dur. Presque aussitôt, je sentis une main se poser sur la mienne et sur le sexe de mon amant. J’ouvris les yeux. L’ami se tenait debout devant nous. Sa main tassa rudement la mienne et se referma fermement sur le sexe de mon amant. Il dit d’une voix rauque : « J’ai envie de toi ».  Il dévisageait mon amant. J’ouvris la bouche pour parler… me retins… et souris. Un grand sourire ravi. Mon amant était stupéfait. En état de choc. Il fixait la main de son ami, qui caressait son sexe bien dur. Je me levai. Aussitôt, l’ami se mit à genoux et saisit le sexe de mon amant dans sa bouche.

Je me souviendrai toute ma vie du regard éberlué que me jeta mon amant à ce moment précis. Son visage exprimait la surprise la plus totale. Et moi, je souriais, amusée, désormais complètement allumée. L’ami y mettait du cœur et beaucoup de salive, yeux clos, grognant parfois. Mon amant porta ses mains à sa tête, médusé, cacha d’abord son visage plus glissa ses doigts dans ses cheveux. Il regardait son ami lui faire une pipe, encore sous le choc. Mais il ne débandait pas. Il lâcha quelques jurons mais ne fit rien pour empêcher son ami de le sucer. Je n’avais jamais assisté à du sexe entre hommes. C’était délicieusement impudent. J’adorais cela. Un peu plus et je me serais mise à applaudir, telle une petite fille venant de recevoir une ravissante surprise.

Lorsqu’il fut évident que l’amant acceptait la situation, l’ami se leva et extirpa son sexe. Il l’approcha du visage de l’amant, qui se détourna. L’ami se caressait vigoureusement. Il se mit à quatre pattes, cracha sur ses doigts et entreprit de se dilater l’anus, sans quitter l’amant des yeux, immobile sur sa chaise mais toujours solidement bandé. Je mordillais mes lèvres. Je résistais à l’envie de me joindre à eux, de saisir leurs deux sexes avides. Ma chatte bouillante et dégoulinante réclamait mes caresses, aussi je glissai ma main dans ma culotte.

« Baise-moi. »

Ces deux mots à peine murmurés par l’ami remplirent l’espace d’une inexprimable tension sexuelle. J’eus l’impression d’être suspendue… qu’autour de nous le temps s’était dissout, que nous étions devenus irréels, intemporels. Deux hommes se faisaient face, l’un offrant son cul, l’autre ne sachant pas encore ce qui, de l’instinct animal ou de la raison morale, allait l’emporter. Mes yeux allaient de l’un à l’autre, rapidement. Mon sourire disparut lorsque je vis le regard de mon amant se transformer en un regard triomphant, incandescent, sauvage, sans pitié. Un regard que seuls les Mâles de ce monde savent jeter… Mon amant se leva pour aussitôt s’agenouiller derrière son ami. Il cracha sur son sexe et l’enfonça brusquement dans l’anus de son ami, qui hurla. Mon amant lui saisit un bras et le tira derrière son dos, contraignant l’ami à déposer une épaule contre le sol. Mon amant lâchait des grognements de bête, ses poussées étaient si fortes qu’elles propulsaient l’ami vers l’avant, qui se retrouva bientôt la tête écrasée contre le mur. Il criait parfois… un mélange de douleur et de plaisir, je crois… De les voir ainsi, de les entendre aussi exacerbait mon excitation, mes caresses se faisaient intenses et je jouis rapidement, debout, en silence. Peu après, mon amant jouit aussi, en criant des obscénités à son ami. Il se releva aussitôt, en jurant, et alla s’enfermer dans les toilettes. Je l’entendis vomir. Toute la scène avait duré 10 minutes, maximum. L’ami se releva aussi. Nos regards se croisèrent. Ma respiration était encore rapide, mes doigts étaient encore humides. Il remonta ses pantalons et quitta, silencieux.

Même si nous évoluons consciemment dans nos vies, l’esprit ouvert et réceptif, même si nous sommes disponibles à vivre les aventures qui nous sont offertes, des moments tels que ceux-là ne nous laissent pas intacts. Ils sont, en quelque sorte, violents. Ne serait-ce que par le choc qu’ils provoquent en ébranlant nos perceptions et nos façons de vivre les événements.

(texte paru en version anglaise dans le magazine érotique Filthy Gorgeous Things : http://filthygorgeousthings.com/shock/two-men).

Posted in Histoire | Tagged , , , , | 10 Comments